OpenMind lance l’OS universel pour robots : Android pour les humanoïdes ?

OpenMind lance un OS open-source universel pour drones, quadrupèdes et humanoïdes. Objectif : donner un cerveau commun à toutes les machines, accélérer l’innovation et casser les barrières entre constructeurs.

Jusqu’ici, programmer un robot relevait souvent du casse-tête : chaque constructeur proposait son propre écosystème fermé, ses drivers maison et son lot de limitations. Résultat ? Une jungle de codes et d’interfaces où les développeurs perdaient un temps précieux à réinventer la roue.

C’est précisément ce que veut changer OpenMind avec OM1, un système d’exploitation présenté comme “l’Android des robots”. Open-source, universel, modulable : il promet d’unifier la robotique en offrant une base commune, quels que soient la forme ou le fabricant de la machine.

OM1 en bref : un OS pour tous

Concrètement, OM1 est pensé comme un cadre universel qui aligne tout le nécessaire pour que les robots perçoivent, raisonnent et agissent dans le monde réel. Drones, quadrupèdes, humanoïdes : le système sait s’adapter à toutes les morphologies.

Déjà compatible avec des plateformes comme les quadrupèdes Unitree ou les kits TurtleBot, OM1 permet de prototyper un drone collaboratif ou un quadrupède commandé à la voix en quelques minutes. La simulation se fait dans Gazebo, logiciel open-source reconnu, avant un déploiement réel.

Un raccourci pour les développeurs

Pour les ingénieurs et chercheurs, OM1 veut être le raccourci vers l’avenir. Fini l’assemblage fastidieux de drivers et d’outils disparates : l’OS embarque directement des briques d’intelligence artificielle prêtes à l’emploi.

  • Grands modèles de langage (LLM) pour le dialogue naturel.
  • Vision par ordinateur pour comprendre l’environnement.
  • Workflows agentiques pour coordonner des comportements complexes.

En clair : au lieu de passer des semaines à paramétrer des couches techniques, les devs peuvent se concentrer sur la création d’applications intelligentes.

Open-source comme carburant

Derrière cette philosophie, un mantra : “Les robots ne devraient pas juste bouger, mais apprendre, s’adapter et collaborer”, martèle Jan Liphardt, CEO d’OpenMind.

L’approche open-source vise à abaisser les barrières d’entrée et à éviter le piège du lock-in propriétaire. Tout le monde peut contribuer, partager des modules, enrichir les capacités d’OM1. Une démarche qui rappelle l’essor de Linux dans les serveurs ou celui d’Android dans le mobile.

Des milliards en toile de fond

Le timing est stratégique : l’écosystème robotique explose. Selon Crunchbase, 6 milliards de dollars ont été investis dans la robotique sur les 7 premiers mois de 2025, déjà plus que les 7,5 milliards de 2024.

Parmi les grosses levées, Apptronik et son humanoïde Apollo ont raflé 403 millions de dollars. Mais là où la majorité des fonds partent dans le matériel, OpenMind joue la carte du logiciel fédérateur, un pari qui pourrait payer gros si OM1 s’impose comme la norme.

Forces… et défis

OM1 coche beaucoup de cases : rapidité, interopérabilité, ouverture. Mais la bêta n’est pas exempte de risques :

  • Bugs et limites inévitables à ce stade.
  • Compatibilité parfois délicate avec du hardware propriétaire.
  • Contraintes de sécurité et de temps réel à gérer pour éviter tout incident.

Et surtout, un adversaire de taille : ROS2, l’écosystème déjà dominant dans la robotique académique et industrielle. OM1 devra prouver qu’il peut non seulement rivaliser, mais aussi séduire une nouvelle génération de développeurs.

Robots de tous pays, unissez-vous

Avec OM1, OpenMind rêve d’un futur où les robots ne seraient plus des silos technologiques, mais des agents intelligents capables de dialoguer et de collaborer entre eux.

Aujourd’hui, l’OS se télécharge sur GitHub. Demain, il pourrait bien tourner sur l’humanoïde qui vous tendra un café, sur le drone qui livrera votre colis ou sur le quadrupède qui patrouillera dans votre quartier.

Un seul langage, une infinité de robots. L’aventure ne fait que commencer.

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