Après avoir englouti des milliards dans un Metaverse qui n’a jamais vraiment décollé, Mark Zuckerberg change de terrain de jeu. Meta quitte les pixels pour investir le monde réel, avec une idée aussi démesurée que familière : créer le cerveau logiciel de millions de robots humanoïdes. Nom de code : Metabot.
« C’est un pari aussi gros que la réalité augmentée », a lâché Andrew Bosworth, directeur technique de Meta. Traduction : la firme de Menlo Park veut faire des humanoïdes son prochain eldorado, au même titre que les lunettes AR.
Metabot, un “Android” pour robots
Meta n’a pas l’intention de fabriquer ses propres machines. Le plan est beaucoup plus ambitieux : devenir l’Android des humanoïdes, en fournissant un logiciel universel. Ses modèles d’IA Llama, déjà open source, serviraient de moteur pour donner réflexes, parole et intelligence à une armée de machines conçues par des partenaires comme Figure ou Unitree.
Le premier test grandeur nature a déjà eu lieu : un robot a été livré dans les bureaux de Meta à Munich pour s’entraîner à de simples tâches domestiques.
Une bataille planétaire
Le timing est parfait — ou périlleux. Amazon développe ses propres automates. Tesla avance son Optimus comme le futur ouvrier de l’humanité. Apple planche en secret sur ses concepts robotiques. Et en Chine, Unitree vise une introduction en bourse à 7 milliards de dollars.
Face à ça, Meta joue sa botte secrète : l’écosystème. Si les fabricants adoptent son logiciel, Metabot pourrait devenir le standard mondial, comme Android l’est pour les smartphones.
Les obstacles bien réels
Problème : les robots, ce n’est pas du software.
- Batterie : l’autonomie reste un cauchemar.
- Sécurité : comment garantir qu’un robot ne se retourne pas contre vous ?
- Manipulation fine : ramasser un verre sans le briser est plus dur qu’écrire un post Facebook.
Meta explore des capteurs tactiles, des modèles du monde physique et une IA multimodale capable de comprendre gestes, voix et images. Mais rien ne garantit que la sauce prenne.
Des humanoïdes dans nos maisons ?
Pour l’instant, l’objectif est modeste : robots domestiques et aides à domicile. Du ménage, du portage, des services simples. Mais si les prévisions de Bain & Company se vérifient, la phase pilote actuelle pourrait se transformer en adoption massive dès 2030, avec des millions d’unités d’ici 2035.
Imaginez votre colocataire de métal qui range la vaisselle, arrose vos plantes et envoie vos enfants à l’école. Fascinant… ou terrifiant.
Le spectre du Metaverse
Souvenir amer : Meta avait déjà parié gros sur le Metaverse, avec les résultats que l’on sait. Des milliards envolés, une adoption poussive, des moqueries en pagaille.
Metabot est un pari du même calibre. Si la firme réussit, elle deviendra la clé de voûte du marché humanoïde. Sinon, ce sera un nouvel épisode dans la saga des rêves démesurés de Zuckerberg.
2035 : colocataires en métal
Les analystes prévoient un monde où les humanoïdes feront partie du décor d’ici dix ans. Meta espère en être le cerveau. Mais la vraie question reste : sommes-nous vraiment prêts à partager nos vies avec des Metabots ?